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Comment allier sobriété numérique et bien-être au travail ?

Allier sobriété numérique et bien-être au travail
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Et si nous pouvions réduire notre consommation d’énergie en agissant sur nos usages numériques ? C’est en tout ce que prône le concept de sobriété numérique, qui fait aujourd’hui de plus en plus parler de lui.

Car oui, contrairement à ce que l’on pourrait penser, le numérique a un réel impact environnemental et énergétique. À lui seul, il serait ainsi responsable de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre¹ et de 2,7 % de notre consommation finale d’énergie ². Or, si nous ne changeons pas nos pratiques, ces chiffres devraient tous deux doubler d’ici 2025, estiment The Shift Project et l’ADEME. Il apparaît donc essentiel de faire preuve de sobriété numérique, aussi bien dans le secteur public que privé. 

Bien sûr, ce n’est pas le seul enjeu auquel font face les organisations. L’axe bien-être au travail est également à prendre en compte. Pour preuve : 81 % des salariés français estiment qu’il s’agit d’un sujet prioritaire pour les entreprises.

Face à ces chiffres, une question se pose : comment allier sobriété numérique et bien-être au travail ? Ou, autrement dit, comment faire en sorte que cette démarche de sobriété n’impacte pas l’expérience collaborateur ? C’est ce que nous allons tenter d’élucider dans cet article.

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Sobriété numérique : quel impact pour l’environnement ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet, commençons par poser quelques éléments de définition. 

La sobriété numérique est une démarche qui a pour but de limiter l’impact environnemental et énergétique de ses usages numériques, en agissant à la fois sur les équipements et outils que l’on utilise, et la façon dont on les utilise.

Faire preuve de sobriété numérique revient donc à réduire la pollution numérique engendrée par :

  • nos terminaux (ordinateurs, smartphones, tablettes, téléviseurs, etc.),
  • nos infrastructures réseau,
  • et nos centres de données. 
Rapport “La face cachée du numérique” sur la sobriété numérique et le bien-être au travail

Source : Rapport “La face cachée du numérique”, ADEME, 2019

En effet, en plus de consommer de l’énergie, nos équipements numériques mobilisent de nombreuses matières premières – parfois rares – qui émettent des gaz à effet de serre tout au long de leur cycle de vie (notamment pendant la fabrication, le transport, la distribution, et l’utilisation), ce qui alourdit leur impact environnemental. 

À titre d’exemple, la fabrication d’un ordinateur de 2 kg mobilise à elle seule 800 kg de matières premières, et génère 124 kg d’équivalent CO2 (sur les 169 kg émis pendant l’ensemble de son cycle de vie).³

Cycle de vie d'un ordinateur illustrant l'impact de l'équipement sur l'impact carbone, d'où l'importance d'allier sobriété numérique et bien-être au travail

Source : Rapport “La face cachée du numérique”, ADEME, 2019

La façon dont nous utilisons nos équipements peut également faire pencher la balance. Un exemple flagrant ? Envoyer un email consomme 70 Ko et 4 g d’équivalent CO2⁴, soit la même quantité de données utilisée par la NASA pour envoyer les premiers astronautes sur la Lune⁵ ! C’est ce qu’explique Frédéric Bordage, fondateur du Club Green-IT, dans la vidéo ci-dessous 👇

Résultat : l’ADEME estime que nos équipements (et les usages y étant associés) sont responsables de près de la moitié de notre empreinte carbone numérique !

Lire aussi : Les 7 raisons pour lesquelles l’e-mail est déjà obsolète

Sobriété numérique et bien-être au travail : deux concepts éloignés ?

Entreprises et salariés ont un rôle clé à jouer pour réduire le bilan environnemental du numérique. Cependant, on peut se demander – à juste titre – si faire preuve de sobriété numérique peut avoir un impact sur la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) des collaborateurs.

En effet, si l’on ne se penche que rapidement sur ce concept, on pourrait penser que promouvoir la sobriété numérique suppose de dire adieu pour toujours à tous nos appareils électroniques. Rassurez-vous, c’est loin d’être le cas ! Plusieurs leviers peuvent contribuer à réduire notre empreinte carbone numérique, sans pour autant affecter notre bien-être au travail

En effet, il est possible de réduire notre impact environnemental en réduisant les équipements et outils numériques que nous utilisons, mais aussi en ayant des usages numériques plus responsables

Ces différentes actions peuvent d’ailleurs s’intégrer dans une démarche RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) plus complète, et contribuer à améliorer le bien-être au travail de vos collaborateurs. Car qui dit usages numériques plus responsables, dit aussi rationalisation des applications et réduction des emails. Ce qui, pour les collaborateurs, se traduit par une diminution de la surcharge informationnelle et une expérience de travail plus fluide au quotidien.

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Enfin, mettre en place une politique RSE peut également permettre d’attirer, de fidéliser et d’engager davantage de talents, et de renforcer leur sentiment d’appartenance à l’entreprise. Selon une étude de Bodet Software et de l’Usine Nouvelle, 61 % des salariés et décideurs RH estiment ainsi que l’engagement RSE est un levier d’engagement collaborateur.

Faire preuve de sobriété numérique peut donc avoir un impact positif sur notre bien-être au travail. Mais pour atteindre la sobriété, aussi faut-il suivre plusieurs bonnes pratiques. On vous les détaille dans la partie ci-dessous.

3 bonnes pratiques pour allier sobriété numérique et bien-être au travail

1. Mesurer son empreinte carbone et énergétique 

Avant de mettre en place une démarche de sobriété numérique, il convient d’abord de se pencher sur ses usages numériques actuels, notamment sur leur impact carbone et énergétique.

Pour cela, vous pouvez utiliser le modèle STERM (Smart Technologies Energy Relevance) élaboré par The Shift Project. Disponible en libre accès, ce modèle permet d’évaluer la pertinence énergétique de vos solutions numériques, et d’orienter vos choix technologiques en conséquence.

Afin d’accompagner votre transition vers la sobriété numérique, vous pouvez aussi vous appuyer sur des outils tels que :

  • Greenspector, une suite complète pour mesurer votre empreinte carbone numérique et améliorer la sobriété de vos applications mobiles et web,
  • Greenly, la plateforme complète pour calculer et réduire vos émissions de gaz à effet de serre en impliquant l’ensemble de vos collaborateurs,
  • Fruggr, la solution sur-mesure et automatisée pour établir votre stratégie carbone,
  • Le module Green IT de DC Scope, qui permet de suivre le bilan carbone de votre DSI,
  • L’application Mobile Carbonalyser (aussi disponible en tant qu’extension Firefox), qui permet de visualiser la consommation énergétique liée à l’utilisation de votre smartphone,
  • Scaphandre, un logiciel open-source qui permet de mesurer la consommation énergétique de vos serveurs informatiques.

2. Faire évoluer ses usages numériques

Une fois votre bilan carbone réalisé, il est désormais temps d’élaborer une stratégie pour faire évoluer vos usages numériques. Plusieurs initiatives peuvent être mises en place à cet effet, et intégrées dans votre charte informatique. Par exemple, vous pouvez :

  • Limiter l’empreinte carbone de vos équipements informatiques en les gardant le plus longtemps possible, en privilégiant les appareils reconditionnés plutôt que les appareils neufs, et en recyclant vos équipements usagés.
  • Réduire la consommation d’énergie de vos appareils en mettant en veille votre ordinateur dès que vous ne l’utilisez pas pendant un court laps de temps, en limitant le nombre d’onglets ouverts dans votre navigateur, et en faisant régulièrement du tri dans votre drive.
Infographie sur l'impact des emails sur notre impact carbone, qui illustre l'importance de réduire l'envoi d'email pour allier sobriété numérique et bien-être au travail
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  • Promouvoir le télétravail et le travail hybride (selon l’ADEME, télétravailler un jour par semaine au lieu de venir au bureau en voiture générerait un bénéfice environnemental de 271 kg équivalent CO2 par an).

En plus de contribuer à l’effort de sobriété numérique, ces différentes actions peuvent aussi améliorer le bien-être au travail de vos employés. C’est par exemple le cas du télétravail, qui permettrait aux collaborateurs de bénéficier d’une plus grande flexibilité, et ainsi d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle⁶.

Étude Cisco mettant en avant l’impact du télétravail sur le bien-être au travail, d'où l'importance de le prendre en compte dans sa démarche de sobriété numérique

Source : Étude Cisco mettant en avant l’impact du télétravail sur le bien-être au travail et la productivité

3. Sensibiliser les collaborateurs

Comme pour tout projet de conduite du changement, il convient bien sûr d’accompagner vos collaborateurs dans la démarche en organisant des séances de formation à la sobriété numérique. Vous pourrez ainsi en profiter pour leur expliquer :

  • ce en quoi consiste la sobriété numérique et quel peut être son impact sur l’environnement (si vous cherchez un support informatif et ludique, vous pouvez partager à vos collaborateurs cette infographie sur la pollution numérique), 
  • pourquoi il est important de s’engager dans cette démarche,
  • comment chacun peut contribuer à faire changer les choses,
  • et quelles actions concrètes mettre en place pour réduire l’impact environnemental de ses usages numériques.

Afin de faciliter l’adoption de ces bonnes pratiques, nous vous conseillons de vous appuyer sur des ambassadeurs qui accompagneront votre démarche/politique environnementale en la relayant auprès de l’ensemble des salariés, et de les impliquer dans la démarche. Si certains de vos collaborateurs se sentent déjà concernés par cette problématique, n’hésitez donc pas à leur proposer ce rôle !

Enfin, pourquoi ne pas rendre votre démarche de sobriété ludique afin de booster l’engagement de vos collaborateurs ? Quiz, défis, concours, systèmes de points et de paliers… Il existe aujourd’hui de nombreux moyens pour apporter un côté ludique à votre projet, et faire en sorte que la sobriété numérique ne soit pas vue comme une obligation. C’est le sujet abordé par Jane McGonigal, conceptrice de jeu américaine, dans la conférence Ted Talk ci-dessous.

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Sobriété numérique et bien-être au travail ne sont pas incompatibles : bien au contraire ! En effet, les différentes actions mises en place pour réduire votre empreinte carbone numérique – telles que la mise en place du télétravail, la rationalisation des applications, la réduction des emails, ou encore la gamification de votre démarche de sobriété – sont aussi de bons moyens d’améliorer la qualité de vie au travail de vos collaborateurs. 

Envie d’aller plus loin ? Téléchargez la check-list de la sobriété numérique pour découvrir plus d’exemples d’initiatives pour réduire l’impact environnemental de vos usages numériques :

Accéder à la Check-List

Dans notre check-list “10 bonnes pratiques pour atteindre la sobriété numérique”, vous découvrirez : des exemples d’initiatives et d’outils à mettre en place pour réduire votre empreinte carbone numérique, ainsi que des conseils pour faire évoluer vos usages et impliquer vos collaborateurs dans la démarche.



Auteure : Emmanuelle Abensur


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