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Travail collaboratif, nous n’avons pas les mêmes valeurs

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Collaborer, le mot est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Ne dites plus salariés, collègues, employés. Nous sommes tous des collaborateurs. Mais quel est ce nouveau paradigme ? Collaborer, c’est partager l’information efficacement grâce à des process simples et fluides, c’est aussi organiser le travail en groupe, en mode projet, grâce à des outils et surtout grâce à de nouvelles méthodes de travail. Au-delà d’un simple cadre productif, ces méthodes façonnent notre environnement, notre organisation et notre relation au travail. Égalité, horizontalité, agilité, bien-être et transparence : voyons comment ces valeurs se sont introduites dans notre quotidien grâce aux nouvelles méthodes de travail collaboratif.

Le travail collaboratif et son environnement

D’après Kollori, l’agencement et la décoration des pièces en fonction des besoins des collaborateurs, favorise leur créativité, leur réflexion, leur relaxation ou leur concentration. L’aménagement des espaces n’est aujourd’hui plus un simple détail. Cette réalité a donné naissance à des espaces de récréation et de détente liée à la culture de l’entreprise. Les espaces proposant une cuisine commune, une salle de sieste, un baby-foot ou une table de ping-pong révèlent une réalité : les collaborateurs ne veulent plus seulement d’un espace de travail, ils veulent un lieu de vie où le bien-être est primordial.

Si l’on devait qualifier les espaces de travail aujourd’hui, la valeur de liberté prévaudrait. Une liberté nécessaire à une organisation en mode projet, où la transparence est de mise. L’Open-space, qui hier n’avait pas vraiment la cote (on se souvient du livre d’Alexandre Des Isnards, L’Open Space m’a tuer) fait aujourd’hui son grand retour, notamment au travers des espaces de coworking, qui, en plus d’améliorer la communication, donne un sentiment de cohésion comme une équipe sur un terrain. Car dans le travail collaboratif, chaque joueur n’est plus restreint qu’à un pôle, le but désormais est de jouer transversalement en évitant les intermédiaires afin de faire avancer le projet.

Libre à chaque joueur de choisir son poste et son environnement de travail : en bureau fixe ou Flex-office, coworking ou même en télétravail, tant qu’il se sent à l’aise pendant les phases de jeux. Autant de manières de travailler autrement qui favorisent créativité et engagement des équipes.

Cette liberté n’est pas arrivée par hasard. Les outils permettant aux collaborateurs de pouvoir travailler d’où ils veulent, et quand ils veulent, n’est possible que grâce aux nouvelles technologies, notamment celle du Cloud. Tout devient plus simple et plus fluide lorsque des plateformes web peuvent remplacer la quasi-totalité des échanges : chats, vidéo, organisation de tâches.

Tous acteurs, tous managers

Mais ces évolutions n’ont été possibles que grâce à un changement de mentalité sur nos méthodes d’organisation : le constat que des collaborateurs heureux et libérés de certaines contraintes remplissent mieux leurs objectifs. Dès lors, au-delà des outils, il est important de penser méthodes. Travailler en mode projet est aujourd’hui une norme permettant aux différents pôles de collaborer, d’échanger, mais celle-ci s’est trouvée contrainte par les démarches formelles, de reporting, de concertation à huis clos.

On entend souvent parler des méthodes agiles sans pouvoir mettre le doigt sur ce qui est en fait parti ou non. Et ce pour la simple raison qu’au-delà du principe de développement itératif, comprendre la création d’un produit sur lequel on ajouterait des briques afin de l’améliorer, l’agilité demande de faire passer les individus et leurs interactions avant les processus et les outils, l’acceptation du changement plutôt que la conformité. Une sorte de libération des contraintes à l’innovation, au partage, bref, à l’amélioration de notre cadre travail par ses acteurs.

Dans le travail collaboratif, on parle également davantage d’objectifs que de productivité. La méthode ROWE, pour « Results-Only Work Environment », se propose par exemple de responsabiliser les acteurs de l’entreprise en échange de cette liberté. Les contraintes managériales sont remplacées par la quête de sens au travail, les collaborateurs ont besoin d’être inspiré par la culture d’entreprise, de participer à son l’évolution, d’adhérer à ses valeurs.

Mais, on ne le dira jamais assez, une culture d’entreprise ne se crée pas du jour au lendemain. C’est une direction vers laquelle les fondateurs orientent celle-ci, et qui est nourrie par les acteurs de l’entreprise. Nous utilisons le mot « acteur » justement parce qu’il est essentiel que chaque collaborateur s’implique et participe à l’amélioration de l’entreprise, et à la mise en œuvre de cette nouvelle culture collaborative. C’est le principe même du très fameux brainstorming, où tous les avis sont valorisés pour favoriser la créativité de chacun. Tous ces facteurs poussent l’entreprise à une organisation plus horizontale et transversale.

C’est notamment une des valeurs de l’holacratie, où chacun peut s’il s’en sent capable, endosser des responsabilités liées ou non à son activité ou son expertise.
Mais pour une concertation efficace, l’équipe a besoin de transparence. C’est un principe très important dans la pratique des méthodes agiles. Il permet d’approcher des problématiques avec une visibilité, une direction et des objectifs clairs pour chaque participant. Et c’est grâce à cette concertation que le projet prend en compte les besoins de chaque collaborateur, et donc de la création du produit.

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L’entreprise : renouveau collectif

Mais ces méthodes ne sont pas apparues du jour au lendemain, elles sont accompagnées d’un changement de rapport au travail. Si l’origine du mot travail était autrefois synonyme de torture, ce n’est plus le cas pour tous aujourd’hui. On parle maintenant de bien-être au travail, de qualité de vie au travail (le hashtag #qvt étant devenu récemment l’un des trending topics de Twitter), on propose des sessions de « teambuilding » afin de renforcer les liens entre les collaborateurs, certains vont jusqu’à engager des CHO (Chief Happiness Officer) afin de garder une équipe heureuse.

Ces efforts considérables sont mis en place pour changer la mentalité des collaborateurs face à leur travail. Ils sont là pour prévenir les bore-out qui gâchent les talents d’une équipe, ou pire, du burn-out qui les détruit. Donner du sens au travail, pousser à la prise de responsabilités et de la réalisation d’objectifs en échange de libertés, tous ces changements sont dus à l’évolution des méthodes de collaboration et de l’évolution des mentalités. Dans ce contexte, l’entreprise se restructure en profondeur, au travers de ses valeurs et de ses engagements.

Il est maintenant naturel de laisser une équipe s’auto-organiser pour réaliser un projet plutôt que sur l’ordre d’un seul manager. Le maître mot dans tout cela ? L’intelligence collective, tant en termes de capacité d’innovation, de productivité, d’entente ou même de réduction des risques d’échecs. Sur le contrat, nous sommes employés, dans les faits, nous sommes acteurs.

Comme le montre bien les vidéos d’entreprise de Welcome to the Jungle, les collaborateurs sont aujourd’hui les têtes d’affiche de leur entreprise. Ils sont mis en avant jusque dans leur communication, parfois de leur propre chef comme sur LinkedIn où ils prennent la parole pour témoigner et par la même, porter l’esprit de l’entreprise. Encore un autre buzz word qui circule dans les couloirs : ce sont les nouveaux ambassadeurs de l’entreprise. Là où l’on admire les directeurs artistiques des grandes marques de luxe, où les CEO des grandes entreprises, les start-up ont le choix de mettre les équipes en avant, valorisant ainsi leur singularité et leur diversité aussi bien que leur attachement à leur entreprise.

 

L’évolution du cadre, des outils, des approches au sein du travail revisite l’entreprise dans sa manière de s’organiser, de collaborer. La productivité n’est plus une loi immuable face à laquelle rien ne vaut. La gouvernance est partagée au lieu d’être possédée. Ces évolutions historiques tendent vers un principe qu’il serait important d’appliquer à toute entreprise : penser à l’humain d’abord.

 

 

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Lionel Taverny