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Pourquoi les collectivités doivent-elles s’intéresser à la souveraineté numérique ?

Les enjeux de la souveraineté numérique pour les collectivités territoriales
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Depuis le lancement de la stratégie nationale pour le Cloud, la souveraineté numérique est plus que jamais au cœur du débat dans les collectivités territoriales. Conformément à la circulaire n° 6282-SG, ces dernières ont désormais l’obligation de mettre en place des solutions cloud souveraines hébergées en France pour tout nouveau projet numérique. Mais en pratique, de nombreuses collectivités continuent à utiliser les solutions des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), et sont parfois réticentes à changer d’outil.

Quels sont les enjeux de la souveraineté numérique pour les collectivités territoriales ? Pourquoi est-il important de privilégier les solutions made in France ? Et quels sont les risques liés à l’utilisation d’outils américains ? 

Voici 4 raisons pour lesquelles les collectivités doivent s’intéresser à la souveraineté numérique.

Besoin d’une version simplifiée de cet article ? Consultez notre guide pratique “La souveraineté numérique expliquée aux collectivités” :

1. Garantir la sécurité et la confidentialité de ses données

Garantir la sécurité des données est l’un des enjeux clés de la souveraineté numérique. Un enjeu d’autant plus important pour les collectivités, qui traitent de nombreuses données à caractère personnel.

Contrairement aux outils américains, les solutions souveraines s’engagent à traiter vos données conformément au RGPD (règlement général sur la protection des données) et à en assurer la confidentialité. Pourquoi ? Parce qu’elles ne sont pas soumises au Cloud Act. Entrée en vigueur en 2018, cette loi permet au Department of Justice d’ordonner à un fournisseur de services américain de lui donner accès aux données stockées sur ses serveurs, qu’elles soient situées aux États-Unis ou à l’étranger.

En pratique, si vous utilisez des outils comme Google Workspace ou Microsoft 365 pour communiquer et collaborer au quotidien, vous acceptez que le gouvernement américain puisse accéder aux données qui y sont stockées sur demande. 

Malgré les multiples sanctions prononcées par la CNIL (par exemple, les amendes infligées à Google et Facebook en janvier 2021 pour leurs pratiques en matière de cookies), les GAFAM ne respectent pas non plus le RGPD. Résultat : ils continuent à récolter toujours plus de données sur leurs utilisateurs, sans même avoir obtenu leur consentement.

À l’inverse, une solution souveraine va permettre de sécuriser davantage les informations et documents que vous partagez au sein de votre collectivité, et de vous assurer qu’elles ne tombent pas entre de mauvaises mains. Une garantie indispensable dans un environnement de travail hybride de plus en plus propice aux cyberattaques.

Lorsque vous cherchez à mettre en place un nouveau logiciel, il est donc important de vous poser les bonnes questions. Par exemple :

  • L’éditeur héberge-t-il ses données en France ?
  • Quelle est sa politique de sécurité ?
  • Possède-t-il une certification de sécurité ? (par exemple, le label SecNumCloud)


2. Être moins dépendants des GAFAM

Selon le rapport “European Digital Sovereignty” d’Olivier Wyman, 92 % des données occidentales sont actuellement hébergées aux États-Unis. Investir dans des solutions souveraines est donc essentiel pour éviter la fuite des données vers l’étranger, et ainsi réduire notre dépendance aux États-Unis — et en particulier aux GAFAM.   

Car si la crise Covid a eu un lourd impact financier sur les entreprises françaises (près des trois quarts d’entre elles ont enregistré une baisse de leurs ventes supérieure à 10 % durant cette période¹), les GAFAM, quant à eux, n’en ont pas vraiment subi les effets. La plupart de ces géants américains ont même surperformé pendant la crise ! C’est par exemple le cas d’Amazon et de Microsoft, dont le chiffre d’affaires a augmenté respectivement de 36 % et 24 % entre 2020 et 2021.²

Classement des fournisseurs de services informatiques en 2021 (par chiffre d’affaires), selon le cabinet Synergy Research Group

Classement des fournisseurs de services informatiques en 2021 (par chiffre d’affaires), selon le cabinet Synergy Research Group

Selon une étude du cabinet Synergy Research Group, les géants américains (notamment Microsoft, Salesforce, Adobe, SAP et Oracle) détiennent aujourd’hui 80 % du marché mondial des logiciels SaaS (Software as a Service). Même constat pour les services d’infrastructure cloud : Gartner estime que Microsoft, Amazon, Alibaba, Google et Huawei concentrent 80 % du marché mondial du cloud IaaS (Infrastructure as a Service). Il n’est donc pas étonnant que les acteurs locaux aient du mal à se faire une place !

Répartition des parts de marché et croissance annuelle des éditeurs de logiciels SaaS en 2019, selon le cabinet Synergy Research Group

Répartition des parts de marché et croissance annuelle des éditeurs de logiciels SaaS en 2019, selon le cabinet Synergy Research Group

Plusieurs initiatives ont été lancées pour réguler l’activité des grandes plateformes sur le marché européen, notamment le Digital Services Act (DSA) et le Digital Markets Act (DMA), qui devraient entrer en vigueur au cours de l’année 2023. Avec pour objectifs respectifs : protéger les utilisateurs des contenus illégaux et/ou dangereux, et garantir une concurrence équitable entre les plateformes

Malgré cela, la croissance des GAFAM n’est pas prête de s’arrêter ! Si nous souhaitons garder le contrôle de nos données, il est donc essentiel de renforcer notre souveraineté numérique, par exemple en investissant dans des solutions souveraines.

3. Soutenir les acteurs locaux

Face à la toute puissance des GAFAM, les acteurs locaux perdent inexorablement du terrain. En effet, malgré la forte croissance du marché européen du cloud — qui a été multiplié par quatre en quatre ans — la part de marché des fournisseurs de services cloud européens est en chute libre. Entre 2017 et 2021, elle est ainsi passée de 27 % à moins de 16 %.³

La croissance du marché n’a donc pas bénéficié aux entreprises locales, mais bien aux GAFAM, en particulier Amazon, Google et Microsoft, qui détiennent près de 70 % du marché européen du cloud.³ Pour éviter ce phénomène de cannibalisation, il est donc important de privilégier les alternatives françaises aux GAFAM, qui sont souvent tout aussi efficaces.

Évolution de la part de marché des fournisseurs de services cloud européens entre 2017 et 2021, selon le cabinet Synergy Research Group

Évolution de la part de marché des fournisseurs de services cloud européens entre 2017 et 2021, selon le cabinet Synergy Research Group

Pour les collectivités territoriales, investir dans des solutions made in France revient à accompagner la croissance des acteurs locaux, tout en soutenant le combat pour notre souveraineté numérique. Des investissements qui, dans les années à venir, pourraient favoriser l’émergence de nouvelles licornes françaises

Si vous êtes à la recherche d’une solution numérique française, nous vous conseillons de consulter le nouveau mapping #Solainn300, qui rassemble 500 solutions numériques développées par 300 entreprises françaises (dont Talkspirit !). Que vous cherchiez une plateforme pour communiquer, collaborer, sécuriser vos données ou stocker des documents, il existe un outil made in France pour vous !

Mapping #Solainn300 des outils numériques français à mettre en place dans les collectivités pour renforcer notre souveraineté numérique

Mapping #Solainn300 des entreprises du numérique français

Vous pouvez également parcourir le catalogue de la DINUM (Direction interministérielle du numérique), qui rassemble plus de 200 solutions numériques à destination des administrations et des collectivités territoriales.

Enfin, si vous cherchez un outil français pour simplifier la communication et la collaboration entre les agents et les élus, nous vous invitons à consultez notre top 10 des meilleures solutions collaboratives souveraines pour les collectivités.

4. Renforcer l’attractivité des territoires

Qui dit investissements dans l’économie française, dit aussi renforcement de l’attractivité des territoires, c’est-à-dire de leur “capacité à attirer et retenir des populations, des entreprises, des revenus, des capitaux et de la main d’œuvre ».⁴

En effet, si les collectivités privilégient les solutions d’entreprises locales, elles contribuent in fine à favoriser l’innovation et la création d’emplois au sein de ces entreprises. Des emplois qui vont potentiellement attirer davantage d’habitants, d’entreprises et d’investisseurs, et ainsi faire rayonner les territoires.

Par exemple, investir dans une plateforme collaborative française permettra à une collectivité de fluidifier le travail des agents et des élus, mais également de participer à la création de nouveaux postes pour soutenir les développements du logiciel.

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Vous l’avez compris : les collectivités territoriales sont tout aussi concernées par la souveraineté numérique que les entreprises. Plusieurs actions peuvent d’ailleurs contribuer à renforcer cette souveraineté. La plus importante ? Remplacer ses outils américains par des outils français, et privilégier les solutions souveraines pour de nouveaux projets numériques (ce qui est désormais une obligation légale pour les collectivités). 

Besoin d’une version simplifiée de cet article ? Consultez notre guide pratique “La souveraineté numérique expliquée aux collectivités” pour garder en tête les points clés à retenir :


¹ Étude Insee de décembre 2020
² Étude du cabinet Synergy Research Group de décembre 2021
³ Étude du cabinet Synergy Research Group de septembre 2021
« L’attractivité territoriale, un défi pour les territoires », janvier 2020


Auteure : Emmanuelle Abensur


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