Le SaaS dans tous ses états

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Si on vous avait dit il y a 15 ans que vos logiciels étaient disponibles partout où vous alliez, l’auriez-vous cru ? C’est pourtant un constat aujourd’hui : une grande partie de nos logiciels sont des SaaS, des Logiciels en tant que Service, disponible sur le Cloud. Nos besoins collaboratifs de stocker, traiter, et partager l’information s’opèrent de moins en moins dans l’entreprise, ni même sur nos machines, mais bel et bien dans des fermes de serveurs aux quatre coins du monde : les Data centers. Prenons deux minutes pour nous poser la tête sur ce nuage, et comprendre l’évolution du logiciel surconnecté.

Une transformation miracle du logiciel

On a tous en mémoire les premiers logiciels : des CD, voir des disquettes à l’achat, un temps d’installation, et une machine de guerre pour faire fonctionner les plus gourmands d’entre eux. Les évolutions technologiques informatiques ont permis de pouvoir traiter et transférer l’information à vitesse lumière, pour le plus grand plaisir des entreprises. On stocke maintenant ses fichiers sur Dropbox, on travaille sur la suite Google, on utilise Trello comme nouveau tableau, et on collabore… sur talkspirit. Au point où même le mail s’est vite séparé de logiciels tels qu’Outlook, pour trouver refuge sur le web.

Le SaaS, (Software as a Service) est donc une solution logicielle miracle où le traitement, le stockage, et le partage d’information ne dépendent plus du client. Ces tâches s’opèrent directement sur un serveur en Data Center, rendant l’application accessible via n’importe quel accès internet. Une révolution quand on revient 20 ans en arrière.

Le Saas, futur de la solution logicielle ?

D’après IDC, 25 % des entreprises européennes utilisent un SaaS. Ceux-ci utilisent pour plus de 60 % du Cloud Public en Europe. Son marché de 60 milliards de $, avec un taux de croissance de 16 % par an depuis 2016 (source IDC France) qui ne faiblit pas selon les prévisions. Bon nombre de logiciels traditionnels ont transitionné vers le SaaS. C’est le cas de SalesForce, CRM en SaaS, qui a pu élargir son offre aux TPE/PME : le cloud computing permet d’ajuster l’offre à l’utilisation des données des entreprises clientes. En effet le marché s’est très vite adapté et propose des abonnements à l’inverse de l’achat traditionnel d’une licence fixe.

De l’autre côté du rideau, les entreprises de la Tech et les jeunes startups sont demandeuses de ce modèle. Il permet de pouvoir facilement créer, tester, et intégrer une solution, tout en abaissant au néant les frais d’infrastructure, et les délais d’intégration applicatifs. Harvard Business Review racontait qu’un dirigeant d’une entreprise de moyen de paiement a vu passer son temps d’intégration de 18 mois à 5 semaines. Des avantages qui pourraient transformer le paysage logiciel.

Un monde toujours plus nuageux

La croissance des SaaS a permis une évolution du marché du logiciel : on a aujourd’hui beaucoup plus de solutions liées à des problématiques de niches, s’intégrant à d’autres logiciels pour complémenter le besoin d’un client. Un pôle de développement applicatif n’aura pas le même besoin qu’un service marketing, mais cela n’empêche pas le fait qu’ils devront, à un moment ou un autre, collaborer pour atteindre leurs objectifs communs.
On imagine un futur où même les systèmes d’exploitation seront en ligne, où l’on recevra les smartphones vides, avec un choix immense d’applications à utiliser. Qu’est-ce qui gêne cette avancée ?

Deux éléments viennent contraindre ce futur. On pense tout d’abord à la cybersécurité. Au-delà du nombre d’attaques, et malgré la tendance récente à encrypter chaque donnée pour lui permettre un passage sain et sauf, il reste beaucoup de scepticisme lorsque des données d’entreprises sensibles sont en jeu, comme c’est le cas dans le secteur bancaire. Deuxièmement, beaucoup évoquent la dépendance très lourde à l’accès à internet. Un accident sur un data center pourrait potentiellement paralyser de centaines, voire de milliers de services. Bien heureusement, nous sommes loin de l’épisode de Black Mirror : les fournisseurs du cloud ont souvent 3 coups d’avance face aux pires catastrophes, et continuent d’élaborer des systèmes à cet effet.

La transformation digitale a eu raison du logiciel traditionnel. C’est d’ailleurs l’un des changements les mieux accueillis par les entreprises, comme par les utilisateurs : une nouvelle mobilité, des business model plus flexibles, une pléthore de nouvelles solutions s’intégrant les unes aux autres forçant la compétition, pour une meilleure qualité d’usage et d’expérience. C’est peut-être l’élément inconditionnel de la transformation digitale : améliorer nos outils pour mieux s’adapter aux challenges de demain.