[Abécédaire de la transformation digitale] H comme Humain

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« Cachez ce digital que je ne saurais voir » Bertrand Duperrin

L’homme et le travail

Le travail a souvent été associé à l’idée d’effort, voire de pénibilité et de souffrance. Au-delà du débat linguistique qui rapproche généralement l’étymologie du mot travail du terme trepalium, instrument de torture antique (qui ne serait autre qu’une arnaque étymologique d’après Médiapart), rappelons que l’homme et le travail n’ont pas souvent vécu dans la plus parfaite harmonie. En particulier depuis que la machine s’en est mêlée et que le travail s’est industrialisé.

Le monde du travail a en effet été marqué par des transformations successives auxquelles l’humain a dû s’adapter, avec une première révolution notoire amenée par l’Organisation scientifique du Travail de Taylor dans un premier temps et de Ford par la suite. Le mythe du travail/souffrance est peut-être davantage à puiser dans cette période de l’histoire où l’homme y avait une place de machine, positionné sur une « chaîne de travail » et répétant les mêmes tâches sans discontinuer.

À partir des années 70, notre société s’est transformée en une société de services, laissant plus de place à la relation humaine. Tandis que le tertiaire a pris de plus en plus d’ampleur, l’entreprise s’est questionnée sur ces principes organisationnels de hiérarchie verticale qui ont dominé pendant des années. Celles qui valorisent le bien-être au travail et l’intelligence collective ne sont plus des exceptions.

La transformation digitale est avant tout humaine

Aujourd’hui, le monde du travail vit une nouvelle révolution, celle de la transformation digitale. Les technologies sont désormais partout. Smartphones, objets connectés, cloud, intelligence artificielle, il ne se passe pas un jour sans que l’on parle d’innovation. Mais l’outil, qu’il soit digital ou non d’ailleurs, n’est pas une fin en soi, il n’est qu’un moyen de mieux travailler ensemble, et donc de revaloriser la place de l’homme dans le travail.

En voici quelques raisons :

  • L’ensemble de ces nouveaux outils est créé et géré par des humains à l’intention d’autres humains, clients, collaborateurs, citoyens, consommateurs. L’aspect de « co-création » prévaut, la transformation digitale se fait avec l’humain ou ne se fait pas.
  • L’un des freins principaux dans une démarche de transformation interne repose sur l’humain, qui a lui seul peut mettre en péril voir stopper ce mouvement, s’il n’est pas d’accord avec le bien-fondé du changement.
  • Les outils mis en place ont vocation à libérer du temps pour des activités ayant une vraie valeur ajoutée, autrement dit, la transformation digitale propose une vraie symbiose entre l’homme et la machine technologique. Cette dernière est là pour réaliser les tâches répétitives. Par exemple, dans les ressources humaines, les outils qui centralisent les données des collaborateurs libèrent un temps particulièrement chronophage aux personnes en charge de la gestion de la paie. Il en va donc du bien-être des collaborateurs.
  • La transformation digitale donne accès à l’information. Les outils comme les réseaux sociaux d’entreprise permettent à l’information de circuler. De cela découle une nouvelle organisation au travail, basée sur la transversalité, la transparence des échanges, la mise en relation entre pairs. Encore un nouvel argument qui va dans le sens du bien-être au travail et de l’intelligence collective.

Le terme de « transformation digitale » cristallise encore de nombreuses peurs, probablement parce que nous avons cette culture du travail vécu comme une souffrance, mais aussi parce que le mot « digital » nous induit en erreur, faisant disparaître l’homme au profit de la machine. Certains pensent ainsi que nous devrions mieux parler de « transformation » tout court, comme Bertrand Duperrin, pour éviter tout malentendu.

Alors certes l’IA va transformer de nombreux emplois, mais n’en est-il pas ainsi depuis la nuit des temps ? Pour l’heure, ce sont bien les machines qui s’adaptent à l’homme, pour rendre son travail plus plaisant et plus épanouissant, comme ces « cobots », des robots collaboratifs aux services de l’humain.

En bref

La transformation digitale n’est autre qu’une nouvelle organisation du travail mettant l’innovation au service de l’homme.

Humain et ses mots clefs fétiches

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