02 décembre 2012

Vers l'entreprise collaborative : constituer son comité de pilotage #2

Thomas

Plusieurs membres de l’entreprise sont convaincus des bénéfices des usages collaboratifs, éventuellement grâce à vos efforts d’argumentation. Voici venu le moment de constituer une équipe qui va s’assurer du bon développement de ces usages. Le but de cette note est de vous mettre en évidence l’importance de cette étape, tout en vous donnant des conseils concrèts pour favoriser sa réussite.

Pourquoi constituer un comité de pilotage ?

1) Construire ensemble les objectifs et les indicateurs

Une multitude de problématiques de l’entreprise peuvent être résolues ou peuvent gagner en performance grâce à la collaboration. Pour ne pas disperser les efforts, le comité de pilotage va réfléchir aux sujets qui semblent prioritaires ou dont les bénéfices semblent assez faciles à mettre en évidence et serviront d’exemples pour la suite.

2) Définir la stratégie de mise en oeuvre opérationnelle

Quels premiers membres, quelle gouvernance, quelle ligne éditoriale, quel process à respecter, quelle animation ? C’est en répondant ensemble à ces questions que vous garderez cohérence et cohésion dans vos efforts, pour gagner en efficacité. (Dans les prochains articles de cette série, nous aurons l’occasion de vous donner des conseils et suggestions sur ces problématiques précises.)

3) Relayer les efforts dans chaque équipe

Nous l’avons déjà évoqué : ce n’est pas évident et cela prend du temps. Les membres du comité de pilotage vont devoir insuffler l’énergie pour modifier des habitudes de travail. Dans plusieurs cas, il faudra aider les collaborateurs à prendre le “réflexe social”. Des explications et réexplications seront sûrement nécessaires, sans perdre patience. C’est un peu comme à l’école finalement : à force de rabâcher, ça finit par "rentrer" et faire du sens. Les managers faisant partie de ce comité de pilotage doivent alors muer en véritables coachs.

4) Répondre aux questions des autres collaborateurs.

Quelques collaborateurs seront probablement réticents à ces changements. Le consultant Claude Super distingue 5 catégories de collaborateurs sur ces sujets : les enthousiates, les frimeurs, les timides, les indiférentes, les blasés. Dans beaucoup d’organisations, ce sont particulièrement ces 3 derniers groupes que l’on retrouve. Chaque membre du comité de pilotage devra rapidement identifier qui a plutôt quel profil, pour trouver d'autres collaborateurs capables de relayer ses efforts.

5) S’assurer du bon développer du projet

Le comité de pilotage devra par exemple veiller à ce que :

  • les informations échangées soient en lien avec la réalité de l’entreprise. Parfois, les espaces sociaux et collaboratifs dérivent vers une “machine à café bis” où s’échange surtout de l’information non business.
  • l’échange d’informations ne se fasse pas de façon anarchique, risquant de créer davantage de confusion que de réels apports business (non respect des process,...)

Comment construire le comité de pilotage ?

Ce comité doit être assez large pour représenter toutes les parties concernées par le projet, mais pas large au point de rendre difficiles les prises de décision rapides. Repérez les collaborateurs qui vous paraissent les plus engagés et enthousiates sur ces sujets collaboratifs, et qui représentent un profil type dans l’entreprise.

Les profils doivent en effet complémentaires. Chaque collaborateur a une réalité et une perception différentes de l’entreprise. C’est bien connu, nous nous identifions et faisons davantage confiance à nos proches et pairs. Il est donc important de repérer les profils “types” dans l’entreprise et de proposer à quelques leaders de ces groupes de faire partie du comité de pilotage. Intégrez des personnes aux activités plutôt stratégiques, mais aussi ceux travaillant sur des projets plus opérationnels. Mélangez également des métiers ayant peu l’occasion de travailler ensemble au quotidien (RH, Marketing, Production,...). 

Comment travailler ensemble ?

Prenez tout de suite les bons réflexes : que ce soit pour réfléchir à la stratégie du projet ou à des actions plus opérationnelles, interagissez directement sur la plateforme collaborative et non par email. Ces échanges peuvent avoir lieu dans un espace dédié, pourquoi pas secret, des éditeurs permettant ce niveau de confidentialité. Cela vous permettra d’échanger en continu des idées d’améliorations, des bonnes pratiques, de mettre en place une logique d’entraide entre les membres du comité et surtout, de montrer l’exemple : "Lead by example" !

Conclusion

En constituant cette équipe, vous vous assurez d’un noyau dur de collaborateurs ayant suffisamment d’influence pour impacter sur des process et façons de faire de l’organisation. Certaines entreprises vont même jusqu’ à nommer officiellement un “Responsable de la collaboration” (Chief Collaboration Officer), à la tête de cette équipe, pour marquer cette transformation.

Particulièrement important dans les premiers moments du projet, les actions du comité de pilotage pourront s’atténuer au fur et à mesure que ces pratiques collaboratives deviendront naturelles dans l'organisation.

Dans les prochaines notes, nous détaillerons plusieurs questions évoquées dans cet article, sur lesquelles le comité de pilotage va devoir travailler : quels objectifs, quels indicateurs, quelle gouvernance, quelle animation,...

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Cet article est issu d’une série de 25 conseils pour aider votre entreprise à gagner en performance en démarrant, concrètement son projet collaboratif : 1. Obtenir le soutien des leaders, 2. Constituer son comité de pilotage, 3. Définir les objectifs, 4. Définir les indicateurs de performance, 5. Exemples d'indicateurs pour mesurer la performance, 6. Choisir une thématique qui a du sens, 7. Quels premiers membres inviter ?, 8. Construire avec les pre iers membres, 9. Quelques règles pour être efficace, 10. A propos de gouvernance, 11. Gamification et RH, 12. Gamification, reconnaissance et marketing communautaire, 13. Communiquer en interne autour du projet, 14. Communiquer sur le lancement du projet externe, 15. Partager des informations utiles pour plus d'engagement, 16. Process à respecter et guide de bonnes pratiques, 17. Animation au quotidien, 18. A propos de la modération, 19. Soutenir les leaders, 20. Le comité de pilotage en pratique, 21. Supprimer les freins, 22. Ouvrir des communautés externes pour une entreprise étendue, 23. Intégrer de nouvelles parties prenantes dans le projet, 24. Insérer la participation dans le parcours utilisateur, 25. En synthèse : travailler autrement