09 octobre 2012

Gamification et reconnaissance financière

Bertrand Duperrin publiait récemment un bel article à propos de l’utilisation de la gamification. Il faisait dans un paragraphe le lien entre collecte de points, de badges,... et la reconnaissance financière. C’est un modèle auquel je crois fort.

J’ai vécu à Londres plusieurs mois où j’utilisais l’opérateur Giffgaff (le cas est explicité dans le post du consultant de NextModernity). En plus du support, les membres sont associés aux problématiques d’innovation et de marketing. Une partie importante de l’activité de l’entreprise est externalisée au public, à “la foule” (d’où le nom “crowdsourcing”, contraction des mots “crowd” et “outsourcing”). A la question “Why does this service work so well ?”, la réponse de la communauté est assez unanime : “Because members like us get paid by giffgaff depending on how helpful we are each month so we try to help as much as possible :-)”.

Pour le membre, la finalité n'est pas tant de gagner de l'argent, mais de participer à ces conversations collaboratives pour aider d'autres internautes et faire avancer des idées avec d’autres passionnés. L'argent n'est que la conséquence de l'investissement en temps et en effort : l'autonomie, la créativité, la reconnaissance par une communauté de pairs... sont des sources des motivations bien plus importantes. Nous retrouvons ici les principes mêmes du management, bien qu’il s’agisse, dans le cas de Giffgaff, d’une problématique de Relation Client à la base. Ces modèles gagnant-gagnants permettent un engagement durable du membre avec l’entreprise. C’est le principe de la valeur partagée, cher au fameux professeur de Harvard, Michael Porter. 

Je suis convaincu que demain, certaines personnes se connecteront à des communautés, enrichiront les échanges, répondront aux questions, travailleront sur des idées... et vivront de la rémunération associée. Hors-ligne, nous remarquons que de plus en plus de consultants naviguent d'une entreprise à l'autre, d'un projet à un autre, pour délivrer leurs expertises. J'y vois un parallèle, allégé des procédures contractuelles. Des personnes vivent déjà du crowdsourcing aujourd'hui (qui existe surtout sous la forme de concours). Les modèles d'eYeka, de Quirky, de KickStarter,... montrent qu'il est possible de réinventer la façon dont les individus créent de la richesse en leur permettant de se connecter, travailler, financer des projets en lien avec leurs passions.

J’y fais le lien avec la hiérarchisation des besoins résumée dans la pyramide de Maslow. Il est toujours possible de parler d'émulsion créative, d'achievment and co, si le modèle de la communauté ne permet pas de satisfaire mes premiers besoins, mon engagement ne peut pas être continu. L'insentive financier est un élément qui rend le modèle durable car il permet à ces membres de se dire : "Ok, je peux passer du temps sur cette communauté, je vais quand même réussir à payer mes factures à la fin du mois, mais surtout, je m’épanouis davantage que dans mon job traditionnel parce qu'ici, je travaille sur des sujets qui me passionnent, je suis libre." Par contre, tant que toutes ces communautés resteront des bulles 2.0 plutôt déconnectée de la vraie vie, je pense qu'il sera difficile de produire des succès en masse.

Qu’est ce que ces idées vous inspire ?

Pour aller plus loin, je conseille :

09:16 | Lien permanent | | Tags : gamification

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