28 septembre 2012

Retour sur le meet-up de l'E2.0 Summit chez NextModernity

J’étais hier chez NextModernity où se déroulait un meet-up de l’Enterprise 2.0 Summit, organisé par Bjoern Negelmann.

Cette session était concentrée sur la question des RH et leur rôle dans la transformation de l’entreprise en Social Business. Parmi les intervenants, nous retrouvions notamment : Harold Jarche, Richard Collin, Thierry de Baillon, Jon Husband. Les passionnés étaient bien sûr également au rendez-vous : Anthony Poncier, Claude Super, Arnaud Rayrole, Olivier Berard, Olivier Roberget,...


Les RH pas assez moteurs de la transformation

C’est le premier constat que l’on peut tirer. Le décallage est fort entre les discours et les faits (quand discours il y a). Si plusieurs RH comprennent ces logiques collaboratives, elles ne se retrouvent pas dans les actions mises en place. La dernière étude réalisée par NextModernity met en avant que le principal frein au déploiement de ses pratiques 2.0, c’est la notion de culture. C’est tout un changement de mentalité qui est à opérer, nous expliquaient les professionnels du “Work Design”. Pour toucher à cette culture, ce sont les RH qui sont particulièrement bien placées. Le challenge, c’est de les faire passer “d’organisateurs à cultivateurs de cette culture d’entreprise” nous explique Richard Collin.

Le manque de soutien de la direction

Si les RH ne sont pas moteurs, c’est notamment par choix tactique. Pourquoi mettre en oeuvre ce type de projet que peu de personnes maîtrisent, au risque d’être désaprouvées par leur hiérarchie s’il n’apporte pas les résultats escomptés ? On parle ici de transformation à long terme, éloignée du mode de pensées de beaucoup d’organisations où l’on attend des résultats quasi-immédiats des actions entreprises. Les évaluations par la hiérarchie étant réalisées en conséquent, elles brident l’esprit d’initiative. Les RH sont elles-mêmes prisonnières du modèle : “Elles sont rattrapées par leur agenda et leur quotidien” nous explique Anthony Poncier. Pourtant, les intervenants sont unanimes sur une chose : nos entreprises sont en danger, et seule l’innovation les sauvera, notamment dans leurs modèles d’organisation et de management. Les RH sont d’autant plus freinées qu’au sein de leur entité, elles sont elles-mêmes organisées en silos, où les équipes travaillent sur des problématiques différentes. Il devient alors peu évident de fédérer une équipe forte autour d’un projet commun.

Et l’école dans tout ça ?

Plusieurs allusions étaient faites sur les business schools où les professeurs, pourtant expérimentés, basent leurs réflexions sur des modèles datant d’une dizaine d’années, pensant que le travail en entreprise se réalise encore autour de feuilles Excel. Ils incorporent très peu de notions collaboratives dans leurs cours. Si nos écoles veulent rester compétitives, elles devront être capables de modifier leurs programmes aussi rapidement qu’évoluent les marchés.

 

Un rendez-vous plutôt alarmiste donc. Je terminerai sur cette phrase de Richard Collin : “Les entreprises pensent qu’elles ont le temps, mais elles ne l’ont pas. C’est comme si elles regardaient la lumière d’une étoile qui s’est en fait éteinte depuis quelques années déjà.”

Quelques expériences montrent qu’il y a quand même espoir, comme nous l’évoquions lors d’un dernier post.

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